L’austérité au Département de l’Eure

L’austérité au Département de l’Eure

L’austérité monte d’un cran au Département de l’Eure

Sous couvert d’une mauvaise politique, c’est le moins que l’on puisse dire, menée par le gouvernement et son Président François Hollande, la droite s’engouffre dans la brèche !

Là où Sarkozy avait posé les fondations de l’austérité en direction des collectivités territoriales, les socialistes aux affaires enfoncent le clou, dépeçant peu à peu les capacités financières des Régions, des Conseils Départementaux, des agglomérations et des communes.
Quelle aubaine pour la droite revancharde de profiter des excès libéraux de Valls pour ajuster la rigueur dans tous les services publics, fidèles qu’ils sont à la ligne réactionnaire incarnée par Nicolas Sarkozy.
De ce constat, la majorité départementale de droite de l’Eure ne fait pas exception ! A l’initiative d’une commande d’audit financier, elle enfonce des portes ouvertes mais oublie de dire que la situation est loin d’être si catastrophique qu’elle avait pu le scander durant la campagne des élections cantonales. A cette époque rapprochée, sur tous les tons, dans n’importe quelle gamme, à n’importe quelle hauteur, elle éructa donc sur le soi-disant gaspillage, le clientélisme, la foudre qui aurait à les entendre carbonisée les finances de l’Eure.
Mais les fait sont têtus… l’audit contredit la majorité départementale. Il démontre que jusqu’à cette année les indicateurs financiers de la collectivité Euroise étaient au vert. Citons par exemple une bonne capacité d’autofinancement, un taux d’endettement peu élevé, un volume d’investissement assez haut par rapport aux dépenses de fonctionnement et des taux d’intérêts intelligemment négociés. Mais bien évidemment, malgré cette bonne gestion, on remarque une dégradation de la situation financière du Département ces deux dernières années due à des choix politiques des gouvernements qui se sont succédés. CQFD !

Si l’avenir se complique c’est bien par une situation politique nationale qui dégrade volontairement les politiques publiques locales ! Alors la droite a beau rôle de rouler des épaules contre la réforme des collectivités territoriales oubliant de dire au passage qu’elle a elle-même mis le bateau France sur les rails de l’austérité (à tous les étages de la société). Et pour sûr, remercions aussi les socialistes d’avoir transformé la confiance des Français en une vaste opération suicide qui consista à faire entrer Hollande dans l’histoire comme celui qui aura su faire basculer la sociale démocratie française dans le social libéralisme, brouillant au passage la lisibilité politique générale.
Alors oui, cet imbroglio, cet enchevêtrement d’idées libérales donne aujourd’hui les mains libres aux élus de droite dans les départements notamment pour mettre en place leurs laboratoires politiques au profit des catégories les plus privilégiées.

Comme l’a dit Gaëtan LEVITRE, a juste titre lundi 21 septembre en séance plénière alors qu’il intervenait pour le groupe Communistes, Ecologistes et Citoyens, « la majorité va-t-elle choisir de rajouter de l’austérité départementale à de l’austérité nationale ? Va-t-elle utiliser le prétexte de la mauvaise gestion, pour mettre en place l’austérité dans l’Eure ? » La réponse ne tarda pas à retentir : c’est oui !

Et n’en déplaise à Alexandre Rassaërt, le petit maire de Gisors qui, loin d’égaler son mentor Sébastien Lecornu, dans la pratique du langage policé, a grimacé sur son siège, tordant les mots en s’adressant comme il a pu à Gaëtan LEVITRE. Mais qu’a-t-il bien pu lui dire dans ces conditions ? Et bien pas grand-chose ! De la volée de bois verdâtre ! Du petit discours teigneux imprégnant à peine l’assemblée d’un souffle objectif et sérieux. Pour lui, il ne s’agit pas d’une affaire nationale et les réponses à apporter seraient justes à ajuster au niveau de notre Département. Intéressant non ? Le Président et pourtant ami du petit maire a dû lui imposer la remarque suivante : « C’est aussi un contexte et une affaire nationale ! ». Et vlan…
Alors pour Alexandre Rassaërt voici quelques lignes sur lesquelles nous lui conseillons de plancher pour répondre dans les clous s’il ne veut pas faire une sortie de route politique définitive dans les mois et les années qui viennent :
Qui a façonné le deuxième acte de la décentralisation si ce n’est la droite de Jean-Pierre Raffarin ? Qui a inauguré un cycle d’assèchement méthodique des moyens dédiés aux collectivités par le gel des dotations de l’Etat si ce n’est la droite de Nicolas Sarkozy et de Bruno Le Maire ? Cette même droite d’ailleurs qui voulait faire disparaitre les Départements avec son funeste projet de conseillers territoriaux. Cette même droite qui défend aujourd’hui l’idée d’une France à 50 Départements.

La nouvelle majorité départementale ne peut donc pas s’étonner aujourd’hui de constater les conséquences des réformes qu’elle a elle-même soutenue.

La réalité c’est que nous avons besoin d’un changement profond de politique.
Les communistes avec leurs élus n’entendent d’ailleurs pas en rester au constat et s’engagent en ce sens. Nous ne voulons pas ralentir le rythme de la baisse des dotations mais bien la stopper. Les sommes du crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) doivent être redéployées vers les collectivités car cette mesure n’a aucun effet sur le développement économique.
Nous proposons également de créer une taxe sur les placements financiers des entreprises. Nous pourrions récupérer à ce titre au niveau national 25 milliards d’euros dès maintenant et 250 millions pour le Département de l’Eure.

Reste désormais à savoir quelle suite sera donnée à cette mobilisation pluraliste contre la réforme des collectivités ? Déjà les débats sur le projet de loi de finances 2016 s’annoncent très tendus. La réforme de la DGF devrait en effet y être programmée. La commission d’enquête parlementaire (demandée par les communistes) sur les conséquences de la baisse des dotations, devrait aussi apporter sa pierre au débat.
Enfin, le congrès de l’AMF, mais aussi les élections régionales et l’application de la loi NOTRe, promettent de mettre la question des finances publiques au cœur du débat politique et c’est très bien : l’occasion pour nous, avec notre tête de liste Sébastien JUMEL, maire de Dieppe de mettre les pieds dans le plat et d’obliger chacun à prendre ses responsabilités.

En ces temps difficiles où il est plus qu’utile d’espérer un changement en faveur des classes populaires, engageons-nous dès maintenant, citoyens, mouvement associatif, élus et militants. Dans les prochains scrutins, les 6 et 13 décembre prochains, le peuple aura l’occasion de dire ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut plus !

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